Voyage en bus en Inde

Lorsqu’on taille la route en Inde, on finit souvent par monter dans un… bus. Même si le pays possède l’un des plus importants réseaux ferroviaires du monde, et de plus en plus de lignes d’avion, les autocars constituent de très loin le moyen de transport le plus développé du pays et le moins cher. En route...

Le bus made in India

Avec l’avion, le train est le moyen le plus agréable de voyager sur les grandes distances indiennes. Le problème, c’est que l’avion coûte forcément plus cher, et que réserver un billet de train  relève souvent du casse-tête chinois. C’est comme ça que le bus s’impose souvent aux voyageurs, même si ce moyen de transport s’avère extrêmement dangereux en Inde, et je pèse mes mots ! En clair, je le déconseille, mais dans la pratique, on ne peut pas toujours faire autrement pour les raisons évoquées plus haut, mais aussi parce que le bus dessert des destinations inaccessibles en avion ou en train.
Le réseau d’autocars est incroyablement vaste. On trouve des gares routières absolument partout et des bus qui se rendent dans chaque recoin du pays. Le parc de bus se compose en grande partie de véhicules hors d’âges, complètement vétustes et bruyants. Pour ne rien gâcher, ils sont souvent bondés, inconfortables au possible avec des sièges en skaï qui tombent généralement en ruine. Même si vous avez payé et que vous avez un numéro de place inscrit sur votre billet, il n’est pas rare qu’elle soit déjà occupée, ou que l’on vous la pique après que vous êtes descendu en cours de route pour une pause chai... Mais vous y faites aussi souvent de belles rencontres, car les Indiens sont très curieux, et dans le bus comme dans le train, ils vous abordent beaucoup plus facilement qu’ailleurs.

Prendre le bus

Entre les bus gérés par le gouvernement (Governement Buses) et ceux opérés par des compagnies privées, il n’y a pas photo. Les privés sont généralement plus modernes et confortables, mais il n’y en a pas toujours partout. Le bus est souvent moins cher que le train, mais cela peut être très long, car la vitesse moyenne oscille entre 30 à 50 km/h en fonction de l’état des routes et de la circulation. Pour un trajet entre Bombay et Delhi (40h30 de route!), il faut compter 3 000 roupies (env. 42,5 € en novembre 2015) en couchette (Sleeper) ou 2 500 roupies (env. 35,5 € en novembre 2015) en place assise (Seater) avec air conditionné (AC).

 

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Un trajet plus court comme Delhi-Agra revient à 350 roupies avec AC (env. 5 € en novembre 2015). Sur ce parcours, il est amusant de voir que certaines compagnies locales annoncent 2h45 de trajet, contre 5h30 pour les compagnies privées. Pour réserver et acheter des billets, le plus simple est de passer par son hôtel/guesthouse, ou une agence de voyages. Ils prennent une commission, mais cela évite de perdre du temps pour se rendre dans une gare routière.

Y a-t-il un pilote dans le bus ?

Louis Hamilton ou Sebastian Vettel n’ont qu’à bien se tenir, ici les rois du bitume sont les chauffeurs de bus. Têtes brûlées sans foi ni loi, ils n’ont qu’un seul objectif : arriver le plus vite possible à destination, même si celle-ci se trouve à plusieurs heures de route. Peu importe les piétons, les voitures, les camions, les carrioles tractées par des chameaux, les autres bus, ou les passagers occidentaux qui hurlent à la mort à l’arrière, rien ne peut leur faire relever le pied de l’accélérateur tant qu’ils n’ont pas atteint leur point d’arrivée.

 

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Rien, à l’exception tout de même d’une vache. Eh oui, les vaches sont véritablement sacrées en Inde, et l’un de mes trajets m’a fait comprendre que ce n’est vraiment pas un cliché. Dans un bus local en piteux état qui allait de Pushkar à Johdpur, le chauffeur roulait tellement vite, que je pensais que le bus allait se renverser à chaque tournant. Et justement, c’est après un virage que le bus a fait soudainement face à une vache qui se prélassait au soleil au beau milieu de cette route de montagne ! Étant donné qu’il était bien trop tard pour freiner, le chauffeur a braqué de toutes ses forces et a fait une telle embardée sur le bas-côté pour l’éviter (heureusement qu’il n’y avait pas personne en face) que le bus s’est renversé sur les roues gauches, puis les roues droites et ainsi de suite avant d’arriver à se stabiliser 100 à 200 mètres plus loin... Autant dire que j’ai vu ma vie défiler ! D’autant qu’à cet endroit précis, on pouvait voir une carcasse de bus complètement rongée par la rouille qui avait manifestement eu moins de chance. Depuis, j’ai beaucoup de mal à monter dans les bus en Inde, mais il est parfois compliqué de faire autrement. Privilégiez surtout les bus privés les plus récents, plutôt que les vieux bus locaux.

Les sites de réservation en ligne
Il existe plus de 2000 compagnies privées de bus en Inde, et certaines ont des sites Internet très bien faits comme celui de RedBus, mais sur lesquels il est souvent impossible de réserver un billet sans carte de crédit indienne.
Autre possibilité, consulter les itinéraires sur Cleartrip qui permet de voir toutes les compagnies et les places disponibles en entrant les lieu d et d'arrivée, et de connaître les tarifs.

© photo principale : Jérôme Cartegini © photos article : Bernard Gagnon, Jérôme Cartegini