Pondichéry, la provinciale

Pondichéry, rebaptisée Puducherry en 2006 est une ville totalement à part du reste de l’Inde. Cet ancien comptoir de la Compagnie française des Indes orientales possède un charme atypique avec d’un côté la ville blanche (le paisible vieux quartier français), et de l’autre la ville noire (la partie moderne) où règne la frénésie indienne habituelle.

Sur les traces de l'ancien comptoir

Située sur la côte sud-est de l’Inde, Pondichéry a vécu près de trois siècles sous domination française avant d’être restituée à l’union indienne en 1956. Soixante-et-un ans plus tard, rien n’a changé ou presque dans le quartier français appelé ville blanche.

Séparé par un canal de la partie moderne et indienne de la ville, le quartier colonial s’étend à l’est jusqu’au front de mer. C’est un petit bout de France avec ses jardins, ses rues pavées dont les noms sont écrits en français et ses belles demeures coloniales aux façades jaune, ocre, ou blanche. Pondichéry a ici des airs de ville de Provence sous les tropiques baignant dans une atmosphère incroyablement paisible.

Sur les 10 000 Français vivant en Inde, 7 000 habitent dans la région de Pondichéry.

À mesure que l’on pénètre dans le quartier français, le chaos urbain de la ville noire n’est plus qu’un lointain souvenir. Dans les rues verdoyantes tapissées de fleurs, le chant des oiseaux remplace le concert de klaxons. Difficile de ne pas tomber sous le charme et apprécier le calme et la beauté du quartier au moins pendant un temps.

Mon top 5 à Pondichéry

1

Arpenter la ville blanche

Comme la plupart des lieux atypiques, on aime où on déteste. Tout dépend ce que l’on recherche, mais la fameuse ville blanche de Pondichéry a tout d’un musée à ciel ouvert, où il ne se passe pas grand-chose. En dehors de quelques boutiques de décoration et d’antiquités, il ne reste rien du mode de vie à la française. Il n’y a ni boulangeries, ni épiceries, ni bars ou restaurants avec terrasses ombragées où passer un bon moment.

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L'abondance de verdure et de fleurs des rues de la ville blanche © Jérôme Cartegini
2

Visiter un ashram

La ville est surtout devenue mondialement connue grâce à l'ashram de Sri Aurobindo qui vaut vraiment une visite. Vénéré encore aujourd'hui par des milliers de disciples à travers le monde, le gourou a travaillé sur la conscience évolutive de l’homme et la manifestation de la conscience supramentale. Sa femme, une française qu'il consacra Mère Divine n'est autre que la fondatrice d'Auroville, une ville expérimentale qui se trouve à une dizaine de kilomètres de l’ashram.

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L'entré du Sri Aurobindo Ashram ©Jerome Cartegini
3

Flâner sur le front de mer

Contrairement aux idées reçues, il n’y pas de plage à Pondichéry, mais un front de mer qui longe l’avenue Goubert Salai (aussi appelée Beach Road), où il est impossible de se baigner. Cette digue longue de 2 km constitue un lieu de promenade très agréable ou la population se retrouve pour flâner. Le lieu est tellement fréquenté que la circulation y est désormais interdite entre 18 h et 7 h du matin.

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© Jérôme Cartegini
4

S'initier au surf

Les plages théoriquement accessibles aux baigneurs se trouvent à environ 8 km au nord de la ville. Elles attirent surtout des surfeurs, car les courants forts rendent la baignade très dangereuse. Pondichéry n’a rien d’une destination balnéaire et mieux vaut carrément se rendre à Mahabalipuram qui se trouve à une centaine de kilomètres au nord pour profiter de la plage.

5

Chiner du mobilier colonial

Pondichéry serait LE paradis pour les amateurs d’antiquité et de brocante, un secret jalousement gardé par les amateurs… À la sortie de Pondichéry, plusieurs grands hangars situés le long de la route en direction de Chennai sont de véritables cavernes d'Ali Baba pour les chineurs. Ils vendent toutes sortes de meubles, de sculptures et de bibelots datant de l’époque coloniale et à des prix défiants toute concurrence.

Ces brocanteurs sont d’ailleurs essentiellement fréquentées par des Français. Avant de craquer, il faut évidemment prendre en compte les frais de transport pour pouvoir ramener ses trouvailles en France.

In fine, Pondichéry n’est pas la ville promise où l’on vit comme en France et où selon certains guides même les autochtones parlent français ! Elle est certainement trop idéalisée en France, et c’est certainement pour cette raison qu’elle peut décevoir certains voyageurs...

 

 

 

Ambiance hindoue sur la Beach Road © photo principale : Jérôme Cartegini