L’ashram de Sri Aurobindo

L’une des visites étonnantes à faire dans la vieille ville de Pondichéry est l’ashram de Sri Aurobindo. À travers des expositions permanentes de photographies, de textes et de vidéos, on y découvre les destins incroyables du gourou Sri Aurobindo et de la française Mirra Alfassa devenue celle que l’on surnomme… « la Mère ».

Une femme de caractère

Sri Aurobindo et sa mère
Sri Aurobindo et sa mère

De mère égyptienne et de père turc très aisés, Mirra Alfassa est née à Paris en 1878. Dès son enfance, elle a d'étranges visions qu'elle ne s'explique pas et qui vont être au centre de sa vie toute entière.

Après des études de peinture et de musique, elle s’intéresse aux sciences occultes et fera une première rencontre déterminante en 1904 avec Max Théon, un occultiste* énigmatique. Lors de longs séjours dans sa propriété en Algérie, il lui enseigne l’occultisme. Très indépendante pour l’époque, elle divorce de son premier mari, le peintre Henri Morisset, pour se remarier en 1911 avec le diplomate Paul-Antoine Richard avec qui elle parcourt le monde.

Après avoir vécu notamment en Algérie, en Chine, et au Japon, elle se rend une première fois en Inde, à Pondichéry en 1914, où elle rencontre le gourou hindouiste, poète, et anarchiste Sri Aurobindo. C’est une révélation réciproque…

Quelques années plus tard en 1920, elle quitte son second mari pour s’installer définitivement à Pondichéry auprès de Sri Aurobindo. Consacrée « Mère divine » par le gourou, elle fonde avec lui un ashram dont la renommée va devenir internationale.

La grande quête spirituelle

Vénérés par des milliers de disciples à travers le monde, ils travaillent sur la conscience évolutive de l’homme et la manifestation de la conscience supramentale. Ils créent la revue Arya dans laquelle seront publiées les techniques du yoga intégral développé par Sri Aurobindo. Il s’agit d’une version du yoga combinant un ensemble de techniques de respiration, de mouvements, de relaxation profonde et de méditation censée permettre de s’élever spirituellement.

En 1926, Sri Aurobindo confie la direction de l’ashram à « la Mère » et entre dans une retraite pour se consacrer exclusivement au travail sur la conscience, la transformation spirituelle et supramentale. Il ne faît plus que quelques apparitions durant sa retraite jusqu’à sa mort en 1950, mais il écrit un très grand nombre d’ouvrages, dont son œuvre majeure Savitri dans laquelle il décrit la version complète du yoga intégral.

Un rayonnement international

De 1926 à 1973, « la Mère » poursuit le travail sur la conscience évolutive, laissant à son tour pléthore d’ouvrages traduits dans de nombreuses langues : Le Grand Secret, L’Agenda de Mère, Éducation, Quelques paroles, etc.

En 1968, la Mère fonde Auroville à une dizaine de kilomètres de l’ashram : une ville expérimentale qu’elle présente comme un lieu de vie communautaire universel où les hommes et les femmes de toutes nationalités peuvent vivre en paix et en harmonie, au-delà des croyances religieuses et politiques.

©Rsmn
Marimandir est le centre d'Auroville et un lieu de méditation.

Elle organise et dirige l’ashram jusqu’à sa mort en 1973 à l’âge de 95 ans. Des visites de l'ashram sont organisées, mais il est interdit de prendre des photos. Il abrite des boutiques où l’on trouve la plupart des ouvrages de « la Mère » et de Sri Aurobindo, mais aussi des photos, des cartes postales à leur effigie, et toutes sortes de babioles. L’ashram fonctionne grâce aux dons des fidèles, mais il possède aussi une école, des boutiques, et presque toutes les maisons du quartier reconnaissables à leur couleur grise. Une visite surprenante notamment pour l'ambiance très particulière qui règne dans cette partie du vieux Pondichéry.

©Jerome Cartegini
Le va-et-vient des fidèles devant l'entrée du Sri Aurobindo Ashram dans la vieille ville de Pondichéry

*théoricien/praticien de l'occultisme, la connaissance de ce qui est caché

Séjourner à Sri Aurobindo Ashram
L’ashram propose des visites guidées, et des hébergements pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur les enseignements de « la Mère » et de Sri Aurobindo.
© photo principale : Jérôme Cartegini © photos article : Rsmn, Henri Cartier Bresson, Jérôme Cartegini