La vie dans les backwaters

Les backwaters, environnement minéral et végétal unique au monde, sont parfois surnommés « le pays de dieu ». Région prospère en dépit de son isolement géographique, les backwaters sont le lieu de vie d'une population, qui a su sublimer son environnement naturel grâce à son ingéniosité.

Petite histoire des backwaters

Aux confins méridionaux de l’Inde, dans l’État du Kerala, les backwaters s’étendent le long de la côte de Malabar entre les villes de Kochi et Kollam.

Cette version indienne de Venise a longtemps été un vaste no man’s land. En l’absence de digues, l’océan inondait régulièrement les terres rendues inexploitables. Tout change à la fin du XIXe siècle avec l’arrivée de la Britannique Annie Baker, venue faire fortune dans la culture du riz. Elle fait venir des hommes de toute l’Inde du Sud pour construire des digues afin d’installer ses rizières. Le succès est au rendez-vous : non seulement les récoltes sont abondantes, mais la qualité du riz est exceptionnelle.

Aujourd'hui, le Kerala est l’État le plus riche de l’Inde. Il jouit du plus haut taux d’alphabétisation et de la meilleure espérance de vie du sous-continent.

Le jugaad et la vie dans les backwaters

Dans les backwaters peut-être encore plus que dans le reste de l’Inde, les habitants possèdent l’art du jugaad. C'est ainsi qu'ils ont surmonté la crise du transport fluvial et la baisse de productivité de la riziculture, longtemps activités économiques principales de la région.

L’un des exemples les plus marquants réside dans la transformation des bateaux traditionnels appelés kettuvalam. Avec l’arrivée relativement récente des touristes, les propriétaires les recyclent en bateaux-maisons (houseboat) pour emmener les visiteurs dans des croisières tout confort.

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Des bateaux plus petits permettent de visiter les canaux trop petits pour les houseboat © Jérôme Cartegini

Des ressources naturelles précieuses

La noix de coco

Tout est bon dans la noix de coco. La copra  sert à fabriquer de l’huile pour les cheveux, des currys, des biscuits, etc. La fibre de coco permet de confectionner des tapis, des paniers et des cordes. Le bois des cocotiers est utilisé pour construire les coques des houseboats.

Connaissez-vous le toddy ?

On l'appelle aussi vin de palme et c'est un alcool très populaire au Kérala. Cet alcool distillé à partir de la sève de palme se fabrique en quelques heures, le temps que fermente la sève du cocotier, et titre 6°.

Les eaux miraculeuses

Aussi incroyable que cela puisse paraître dans cette région tropicale, de nombreux paysans se sont également recyclés dans l’élevage de canards, une espèce qui s'épanouit en toute liberté dans le labyrinthe de canaux caractérisant les backwaters.

Les backwaters représentent aussi une véritable oasis pour les pêcheurs. Plusieurs formes de pêche se sont développées, dont les célèbres carrelets chinois qui permettent de pêcher depuis les berges sans bateau.

L’une des formes de pêche les plus impressionnantes est celle du poisson-chat, dont la capture suppose une condition physique exceptionnelle. Depuis de petites embarcations, les hommes plongent pour installer un filet en entonnoir. Une fois piégés, les poissons tentent de fuir en plongeant leur tête dans la vase. Les pêcheurs plongent sans aucun équipement et les attrapent à la main en repérant la vase qui bouge.

 

 

photo principale : Les transports en commun sont assurées par des bateaux bus © Jérôme Cartegini