Immersion à Dharavi – 2

Loin des stéréotypes habituels sur les bidonvilles, Dharavi est un lieu si bouillonnant de vie que beaucoup de ses habitants n’imaginent pas vivre ailleurs. Malgré la pauvreté, des conditions d’hygiène difficiles, des logements minuscules, voire insalubres, cette ville dans la ville dégage une énergie incroyable. Après un premier tour des quartiers organisés autour de différentes industries et métiers, voici un aperçu des quartiers résidentiels.

Bouillon de vie et de culture

Lorsqu’on visite pour la première fois Dharavi, on ne s’attend pas forcément à trouver une telle organisation. D’un côté, les petites industries et les ouvriers (exclusivement des hommes), de l’autre, les quartiers résidentiels où vivent les familles, mais aussi où travaillent les femmes. Une véritable fourmilière qui abrite pas moins d’un million de personnes, soit près de 100 000 familles sur une surface de seulement 2,2 km2. Autant dire que rien ne peut vous préparer à voir un endroit d’une telle densité humaine. Les zones industrielles et résidentielles sont délimitées par la rivière Mithi presque complètement asséchée et recouverte de tonnes de déchets. Une fois passé le pont, on pénètre dans un lieu de vie vraiment très impressionnant.

Environ 15 % des enfants de Dharavi font des études supérieures et parviennent à trouver un emploi en dehors du bidonville

Sans un guide, il serait difficile de ne pas se perdre dans la partie résidentielle qui abrite un dédale de ruelles minuscules. Certaines ne font pas plus de 1 mètre de large et laissent à peine passer la lumière du jour. Par endroits, il faut se baisser pour pouvoir avancer et se frayer un chemin dans la pénombre jusqu'au prochain puits de lumière. Pas de quoi impressionner les centaines d'enfants qui courent et jouent dans ce labyrinthe improbable.

Quartier résidentiel ou pas, on trouve là encore de nombreux ateliers de couturiers, de forgerons, de tanneurs, de potiers, de boulangers, etc. Si l’ambiance est moins pesante que dans la zone industrielle, les conditions de travail sont là encore très précaires et la plupart des ouvriers et ouvrières travaillent sans aucune sécurité dans des espaces confinés et sombres. Mais on est très loin des clichés des bidonvilles où les habitants errent sans but. La majorité des habitants de Dharavi travaille et une grande partie de ce que l’on trouve dans les magasins et les marchés de Mumbai proviendrait de leur labeur.

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Les potiers du quartier de Kumbharwada font sécher leurs pièces au soleil. © J. Cartegini
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© J. Cartegini

Une communauté autosuffisante

Depuis sa création en 1880, des personnes de toute l’Inde sont venues s’installer à Dharavi dans l’espoir de trouver du travail. Aujourd’hui autosuffisante, la communauté de Dharavi possède des hôpitaux, des écoles, des marchés, des mosquées, des temples, et même des églises. La population qui vient en grande majorité des campagnes se compose d’hindous, de musulmans, de bouddhistes et de chrétiens.

Cette diversité culturelle est frappante et constitue sans doute l’une des grandes richesses de Dharavi. La visite permet de s’apercevoir que les choses peuvent être bien différentes de ce que l’on imagine. Le courage et la détermination des habitants force l'admiration.

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Des enfants se baignent dans un puits à l'entrée de Dharavi. © J. Cartegini
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Le bidonville possède ses propres écoles publiques et privées © J. Cartegini

 

© photo principale : Jérôme Cartegini © photos article :  Jérôme Cartegini