Anegundi, village hors du temps

Dans le sud-est de l’Inde, l’immense état du Karnakata fourmille de merveilles à découvrir. Totalement préservé du tourisme de masse, le petit village d’Anegundi fait partie de ces lieux empreints de spiritualité ou rien ou presque ne semble avoir changé depuis des siècles. Découverte…

De Hampi à Anegundi

À environ 10 km au nord-est de l’Hampi Bazaar au bord de la Tungabhara, le village de Anegundi est un secret encore bien gardé par quelques voyageurs au long court.

Le village ne compte qu’une poignée de petites guesthouses essentiellement gérée par l’ONG Uramma Heritage Homes. L’organisation propose des logements dans des habitations rénovées et meublées avec l’artisanat local, mais aussi une fabrique de produits à base de fibres de bananiers, un café équitable, ou encore une bibliothèque.

Se rendre à Anegundi depuis Hampi
  • Prendre un bac : C'est la solution la plus simple. On embarque sur les ghats pour remonter la rivière jusqu'au débarcadère de Anegundi
  • Monter dans un tuk tuk ou louer une moto : Ces deux moyens de transports sont possibles depuis la petite localité de Virupapur Gaddi, située en face de Hampi, de l’autre côté de la rive. La petite route qui conduit au village se faufile sur une quinzaine de kilomètres entre les rizières, les palmeraies et les étonnantes collines rocheuses qui ont des faux airs de l’Arizona.

Le temple d’Anjana Matha

Aux portes du village se dresse au sommet de la colline d’Anjanadri le temple d’Anjana Matha dédié à Hanuman, le dieu singe. Considéré par les hindous comme le lieu de naissance du dieu Hanuman, il attire chaque jour de nombreux fidèles venus des quatre coins de l’Inde.

Pas moins de 570 marches sont nécessaires pour grimper jusqu’au temple, mais l’effort est largement récompensé par le panorama à couper le souffle sur cette région si atypique.

À perte de vue, d’énormes blocs de granit aux couleurs rouge ocre tranchent avec le vert dense des rizières et la nature luxuriante. Un spectacle fascinant qui monte encore en intensité chaque soir au moment du coucher de soleil.

Anegundi, du passé au présent

Beaucoup plus ancien que Hampi, le village serait habité depuis plus de 5 000 ans !  Des peintures rupestres découvertes dans des grottes des collines de granit aux alentours du village témoignent de son patrimoine historique exceptionnel.

Le village conserve de nombreux vestiges de remparts, de temples et de palais, dont le Gagan Mahal. Ce monument au style architectural indo-islamique édifié au XVIe siècle faisait partie des résidences de la famille royale de l’empire Vijayanagara. Comme Hampi, il fut en grande partie détruit durant l’invasion musulmane et il est aujourd’hui en ruine.

Selon la mythologie indienne, Anegundi s’appelait autrefois Kishkindha, qui signifie le « royaume des singes ».

Loin du tumulte mercantile de Hampi, le village semble figé dans le temps. En dehors des deux-roues et de quelques tuk tuk, il n’y a quasiment aucune circulation à l’intérieur du village.

Des temples, des écoles, des petits commerces et quelques cafés sont dispersés dans le labyrinthe de ruelles de sable et les petites places ombragées. Un lieu typiquement indien avec un mélange improbable de rochers, de ruines millénaires, de déchets, d’habitations totalement délabrées ou au contraire très soignées avec des murs blanchis à la chaux, ou peints en bleu, rose, violet ou jaune.

Sans oublier, l’immense Ratha (char hindou) à l’entrée du village toujours prêt à servir pour les processions religieuses qui ponctuent l’année. L’endroit idéal pour séjourner quelques jours après de longues journées de marche dans les vestiges archéologiques de Hampi.

 

© Jérôme Cartegini